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Reclassement professionnel externe : ce que le projet de loi 8804 va coûter aux employeurs luxembourgeois

Quand un salarié devient médicalement inapte à occuper son poste et ne peut être reclassé en interne, il est orienté vers un reclassement professionnel externe, sur le marché de l'emploi. Une indemnité forfaitaire est alors due dans certains cas — mais pas dans d'autres, ce que la Cour constitutionnelle a jugé discriminatoire. Le projet de loi n° 8804, examiné le 23 septembre 2026 par la Commission du Travail, propose de corriger cette inégalité. Une réforme qui aura un impact financier direct pour une partie des employeurs.

Une réforme imposée par la Cour constitutionnelle

Dans son arrêt du 24 octobre 2025, la Cour constitutionnelle a constaté une différence de traitement injustifiée entre des salariés placés dans des situations comparables. Aujourd'hui, l'indemnité forfaitaire de reclassement externe n'est due que dans des cas limités : lorsque l'employeur est dispensé du reclassement interne pour cause de « préjudice grave ». En revanche, aucune indemnité n'est prévue lorsque l'employeur est dispensé de ce même reclassement interne parce qu'il respecte déjà ses quotas légaux d'emploi de salariés handicapés ou reclassés. Le projet de loi 8804, déposé le 24 juillet 2026 par le ministre du Travail Marc Spautz, tire les conséquences de cette décision.

Une indemnité qui deviendrait due dans (presque) tous les cas

Le texte propose d'universaliser l'obligation de versement : l'employeur devrait désormais verser une indemnité forfaitaire à chaque reclassement professionnel externe, selon le mode de calcul déjà existant. Le montant de cette indemnité correspondrait, selon les informations disponibles, à une compensation comprise entre un et quatre mois de salaire selon l'ancienneté du salarié concerné.

Qui paie, et qui est remboursé ?

Le mécanisme de remboursement par le Fonds pour l'emploi resterait la règle par défaut, mais avec des nuances selon la taille de l'entreprise :

Le texte prévoit aussi des cas où l'indemnité ne serait pas due : lorsque le reclassement intervient dans le cadre d'une fermeture d'entreprise, ou pendant un préavis de licenciement ou de démission.

Un coût estimé entre 41,6 et 56,9 millions d'euros

Sur la période 2026-2030, le gouvernement estime le coût de cette réforme à environ 41,6 millions d'euros. La Chambre de Commerce, de son côté, avance une estimation plus élevée, autour de 56,9 millions d'euros. Cet écart illustre les incertitudes qui entourent encore ce texte, en particulier pour les entreprises de taille intermédiaire qui pourraient devoir assumer une partie du coût des reclassements pour « préjudice grave ».

Où en est le texte ?

Le projet de loi 8804 en est encore à un stade précoce de la procédure législative. Les avis du Conseil d'État et des chambres professionnelles ont été examinés en commission le 23 septembre 2026, et des amendements parlementaires pourraient encore faire évoluer ses dispositions avant un vote définitif.

Ce qu'il faut retenir

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